Ostro Quentin

I   Note sur l'image

NAISSANCE DE L'IMAGE, DE LA SENSATION A LA REPRESENTATION
Soyons honnête, aussi criant de vérité que puisse paraître une image, une image demeure toujours une image et n'est que le reflet de la Réalité. A l'image de ces images que nous avons dans la tête, qui nous ont fait un jour passer de la sensation à la représentation. Ne nous leurrons pas, le monde social du XXI siècle se voit noyé dans le marasme de la représentation. Nous croyons nous connaître, et nous croyons communiquer quand bien souvent nous ne faisons que répéter des images fixes. Nous sommes d'ailleurs souvent à l'image du monde médiatique que nous avons créé. Nous nous voyons à travers images transposées. Nous croyons voir. Croyances se révélant bien souvent inexactes. L'image parle pour nous. L'image nous représente. Mieux, elle représente notre image. Cette image que nous nous sommes forgés de nous même par le biais de l'éducation et de l'expérience conjuguées et que les orientaux appellent égo ! Mais cette image, ce n'est pas NOUS.

FONCTION DE L'IMAGE, FEDERER
L'image de ce que l'on représente ne doit pas sembler confuse, sa vocation est de parler. Une image qui parle est une image qui rend intelligible le réel et qui en fait la synthèse, l'union. Comme dirait mon ami Louis Gonzales, « une bonne image est une image qui se passe de mots ». Sans être forcément toujours à l'affut, le photographe d'instinct doit se tenir prêt à recevoir. Si en studio le photographe fait sa loi, en extérieur, c'est la nature qui dicte sa conduite. Le photographe reçoit la lumière, il devient réceptacle de la beauté du monde et du tragique. En cristallisant certaines ambiances, il devient mémoire par le Culturel. Ce n'est pas une capture de l'image, mais une impression de la lumière, comme un présent lumineux.

N.Quentin